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Chômage du dirigeant · Startups

Assurance chômage du dirigeant de startup

Être assimilé salarié ne donne aucun droit au chômage. Et après une levée, un fondateur devient révocable par un organe qu'il ne contrôle plus.

Réponse courte

Un président de SAS, même affilié au régime général pour sa protection sociale, n'a pas de contrat de travail : il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a aucun droit. Seul un contrat volontaire peut lui verser un revenu de remplacement. Deux points comptent pour une startup : les formules classiques exigent deux ans d'existence, et la révocation du mandat est couverte alors que la démission ne l'est jamais.

À partir de quand un fondateur doit-il souscrire une assurance chômage ?

Le calendrier de ce contrat ne suit pas celui du risque, mais celui des conditions d'adhésion. C'est ce qui le rend contre-intuitif.

  1. Dès la création, mais seulement via une formule créateur

    Les formules classiques supposent que l'entreprise justifie d'au moins deux ans d'existence. Une startup plus jeune ne peut adhérer qu'aux formules créateur ou repreneur, dont l'indemnisation est forfaitaire et la durée généralement limitée à six mois.

  2. Au moment où le fondateur commence à se rémunérer réellement

    L'indemnisation des formules classiques est un pourcentage du revenu professionnel net fiscal de l'exercice précédent. Se rémunérer très faiblement pendant plusieurs années plafonne donc mécaniquement l'indemnité future, quelle que soit la date d'adhésion.

  3. À l'entrée d'investisseurs au capital

    Le fondateur devient révocable par un organe qu'il ne contrôle plus. La révocation du mandat social figure parmi les causes couvertes, contrairement à la démission — d'où l'importance de la forme que prend un départ négocié.

  4. Tant que la société n'est pas en difficulté

    Un contrat souscrit alors que l'entreprise est déjà en cessation de paiements n'est pas mobilisable, et un délai de carence court après l'adhésion. Comme la RCMS, ce contrat se met en place à froid.

Pourquoi un président de SAS assimilé salarié n'a aucun droit au chômage

Idée reçue

Le régime général d'assurance chômage indemnise les titulaires d'un contrat de travail caractérisé par un lien de subordination. Un président de SAS est affilié au régime général pour sa protection sociale — maladie, retraite — mais n'a pas de contrat de travail. Il ne cotise pas à l'assurance chômage et ne peut donc rien en attendre.

La confusion vient du terme « assimilé salarié », qui décrit un rattachement au régime général de la sécurité sociale et non un statut de salarié. Elle est fréquente chez les fondateurs de SAS, forme sociale majoritaire dans les startups, et se découvre au pire moment : lors de la demande d'indemnisation. Le même raisonnement s'applique au gérant majoritaire de SARL et à l'entrepreneur individuel, qui relèvent d'un autre régime mais aboutissent au même résultat.

Le cumul d'un mandat social et d'un contrat de travail est théoriquement possible, pour des fonctions techniques distinctes du mandat et assorties d'un lien de subordination réel. En pratique, cette condition est très difficile à établir pour un fondateur qui dirige effectivement la société, et l'appréciation n'intervient qu'à l'examen de la demande d'indemnisation. Construire sa protection sur cette hypothèse revient à en découvrir la fragilité une fois sans activité.

La seule protection disponible est donc un contrat volontaire, souscrit à titre individuel, dont le bénéficiaire est le dirigeant lui-même. C'est ce qui le distingue radicalement des autres contrats d'une startup : la RCMS protège le patrimoine du dirigeant mis en cause, l'assurance homme-clé indemnise la société, celui-ci verse un revenu à la personne.

Ce que la révocabilité change une fois les investisseurs au capital

Angle startup

La garantie ne joue que pour une perte involontaire du mandat : liquidation judiciaire, redressement judiciaire, ou révocation du mandat social. Sont exclues la démission volontaire, la cessation d'activité décidée par le dirigeant, la faute grave et la faute lourde. Or un départ de fondateur prend très souvent la forme d'une démission.

Le mécanisme mérite d'être posé précisément. Avant toute levée, un fondateur majoritaire ne peut guère être révoqué : il contrôle l'organe qui en déciderait. Après un ou deux tours, la gouvernance change — conseil d'administration ou de surveillance, comité stratégique, majorités qualifiées inscrites au pacte — et la révocation du président devient une décision que d'autres peuvent prendre. C'est à ce moment que l'exposition apparaît, et c'est précisément le cas que le contrat couvre.

Le point de vigilance porte sur la forme du départ. Une séparation se négocie souvent, et il est plus confortable pour toutes les parties de l'habiller en démission : cela évite un procès-verbal de révocation, préserve la réputation du dirigeant et simplifie la communication. Cette solution de facilité fait perdre le bénéfice de la garantie, puisque la démission est exclue. Connaître cette conséquence avant la négociation permet de la prendre en compte dans l'accord.

Un dernier élément relève des statuts. En SAS, les conditions de révocation du président — motifs exigés ou non, indemnité éventuelle, organe compétent — sont fixées librement par les statuts. Leur rédaction détermine donc à la fois la probabilité d'une révocation et la façon dont elle sera formalisée. Les relire au moment d'un tour de table, avec le pacte d'associés, fait partie du même exercice.

Comment se calcule l'indemnité quand le fondateur s'est peu rémunéré

Calibrage

Les formules classiques indemnisent entre 55 % et 80 % du revenu professionnel net fiscal de l'exercice précédent, sur une durée standard de douze mois. Les formules créateur et repreneur relèvent d'une indemnisation forfaitaire, indépendante des revenus réels et généralement limitée à six mois — précisément pour les premières années où la rémunération est faible ou nulle.

C'est cette assiette qui rend le sujet particulier dans une startup. Un fondateur qui se rémunère au minimum pendant trois ans pour préserver la trésorerie construit, sans le savoir, une base d'indemnisation très basse. Il n'y a pas de rattrapage : l'indemnité se calcule sur l'exercice précédent, pas sur la valeur créée ni sur le salaire qu'un dirigeant équivalent percevrait ailleurs. Le passage à une rémunération normale après une levée déplace donc aussi la protection.

Les durées sont modulables — neuf, dix-huit ou vingt-quatre mois selon les contrats — et la cotisation augmente avec la durée retenue. Le repère habituel de douze mois correspond au délai moyen de reconversion, mais un fondateur qui envisage de recréer une société plutôt que de retrouver un poste salarié peut avoir intérêt à une durée plus longue. Les conditions d'adhésion supposent par ailleurs un âge compris entre 18 et 62 ans, la garantie cessant à 65 ans.

Sur le plan fiscal, le traitement de la cotisation dépend du statut social. Le cadre de la loi Madelin concerne les travailleurs non salariés, qui peuvent déduire les cotisations de leur revenu imposable dans la limite d'un plafond spécifique ; il ne s'applique pas à un dirigeant affilié au régime général. Dans tous les cas, les indemnités perçues sont imposables comme revenus de remplacement, et l'arbitrage s'apprécie avec l'expert-comptable de l'entreprise.

FAQ

Questions fréquentes : assurance chômage du dirigeant et startups

1

Un président de SAS cotise-t-il à l'assurance chômage ?

Non. Le régime général d'assurance chômage indemnise les titulaires d'un contrat de travail caractérisé par un lien de subordination. Un président de SAS est affilié au régime général pour sa protection sociale, ce qui lui vaut le qualificatif d'assimilé salarié, mais il n'a pas de contrat de travail : aucune cotisation d'assurance chômage n'est due et aucun droit n'est ouvert. La confusion entre ces deux notions est la plus fréquente chez les fondateurs, et se découvre au moment de la demande d'indemnisation.

2

Une startup de moins de deux ans peut-elle faire souscrire son dirigeant ?

Pas aux formules classiques, qui supposent que l'entreprise justifie d'au moins deux ans d'existence et ne se trouve pas en cessation de paiements, redressement ou liquidation judiciaire. Restent les formules créateur et repreneur, conçues pour cette phase : leur indemnisation est forfaitaire, indépendante des revenus réels — un avantage quand le fondateur ne se rémunère pas encore — et leur durée est généralement limitée à six mois.

3

Un fondateur écarté après une levée de fonds est-il indemnisé ?

Cela dépend entièrement de la forme du départ. La révocation du mandat social figure parmi les causes couvertes, aux côtés de la liquidation et du redressement judiciaires. La démission volontaire est exclue, de même que la cessation d'activité décidée par le dirigeant, la faute grave et la faute lourde. Or une séparation négociée est souvent habillée en démission par confort pour les deux parties : ce choix fait perdre le bénéfice de la garantie, et mérite donc d'être pesé pendant la négociation.

4

Quel montant peut espérer un fondateur qui se rémunère faiblement ?

Sur une formule classique, l'indemnisation représente entre 55 % et 80 % du revenu professionnel net fiscal de l'exercice précédent, selon le niveau de garantie retenu. Une rémunération volontairement basse produit donc une indemnité basse, sans rattrapage possible sur la valeur créée. C'est l'argument principal en faveur des formules créateur et repreneur pendant les premières années, dont l'indemnisation forfaitaire est déconnectée des revenus réels.

5

Qui souscrit et qui perçoit : la startup ou le dirigeant ?

La souscription est individuelle et le bénéficiaire est le dirigeant lui-même. C'est la différence structurante avec les autres contrats de l'entreprise : l'assurance homme-clé verse un capital à la société, la RCMS protège le patrimoine du dirigeant mis en cause, celui-ci lui verse un revenu de remplacement. Le traitement fiscal de la cotisation dépend du statut social — le cadre Madelin concerne les travailleurs non salariés et ne s'applique pas à un dirigeant affilié au régime général.

6

Que se passe-t-il si la startup est liquidée ?

La liquidation judiciaire est l'une des causes couvertes, ce qui en fait un scénario central pour ce contrat. Deux conditions pratiques déterminent toutefois la prise en charge : que l'adhésion soit antérieure à la cessation de paiements, un contrat souscrit alors que l'entreprise est déjà dans cette situation n'étant pas mobilisable ; et que le délai de carence courant après l'adhésion soit écoulé. C'est la raison pour laquelle ce contrat se met en place quand la société va bien.

7

Quelle différence avec l'assurance homme-clé ?

Le bénéficiaire, et donc l'objet. L'assurance chômage du dirigeant verse un revenu de remplacement au dirigeant lui-même, pour compenser la perte involontaire de son activité. L'assurance homme-clé verse un capital à l'entreprise, pour compenser le préjudice économique causé par le décès ou l'incapacité d'une personne indispensable. Les deux contrats sont complémentaires et répondent à des risques distincts : ils ne se substituent en aucun cas l'un à l'autre.

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